Musique - Sunugaal : Didier Awadi dans la peau des émigrés clandestins

Musique - Sunugaal : Didier Awadi dans la peau des émigrés clandestins
La question de l'émigration clandestine ne laisse personne indifférent.

Si certains se lèvent pour critiquer ces acteurs, le rappeur Didier Awadi choisit de se mettre à la place de ces jeunes désespérés. Et c'est à travers son dernier album Sunugaal, sorti la semaine dernière, qu'il essaie de faire comprendre le pourquoi et le comment d'un phénomène.

Porte-voix des émigrés clandestins, le rappeur Didier Awadi se fait l'écho du désespoir de toute une génération de jeunes africains déçus par la politique de leurs gouvernants. Dans sa nouvelle production intitulée Sunugaal, le leader du groupe PBS Radikal peint le tableau de la souffrance des candidats à l'émigration. "Face aux grosses illusions par rapport aux grosses promesses des politiques non tenues, ils sont prêts à embarquer dans des pirogues de fortune pour se rendre dans l'Eldorado, même s'ils doivent en mourir", constate désespérément le rappeur.

Et c'est dans le titre éponyme de l'album que le rappeur décrit la souffrance de ses "frères et soeurs" peinés. Ces derniers se sont confiés à lui au large des plages de Yarakh. En se mettant dans la peau de ces migrants, Didier Awadi espère mieux comprendre les raisons de leur geste pour les aider à sortir d'une mauvaise passe. Mais surtout, ajoute le rappeur, "faire comprendre à celui qui écoute, le pourquoi du comment". Cependant Awadi ne pense pas à travers son album justifier l'acte désespérant des jeunes.
Le texte Sunugaal, qui est une complainte engagée, questionne et dénonce l'indifférence du gouvernement sénégalais face à une situation plus que préoccupante. L'émigration clandestine apparaît ainsi aux yeux de Awadi, comme une honte pour la jeunesse africaine qui est victime de la médiocrité des systèmes politiques. Un musicien engagé, Didier Awadi l'explique par le fait qu"on ne peut pas être aveugle et sourd face aux drames que vit notre société'. "On n'a pas le droit de se taire", clame-t-il. Et la production Sunugaal n'est qu'une suite logique de son dernier album Un autre monde est possible, sorti en 2005.

Mais dans cet album, le rappeur ne fait pas que relater la vie précaire de ses compatriotes. Il dresse un réquisitoire sévère contre les autorités de l'alternance. La corruption, la violation des libertés d'expression et le train de vie excessif de l'Etat, sont autant de pratiques qui scandalisent Didier Awadi. Mais le rappeur ne se limite pas simplement à critiquer. Il donne des solutions dans le titre Djow Sa Gaal. Et la voie de salut semble se trouver, selon lui, dans des initiatives individuelles.

La philosophie Boul Falé, développée dans les années 90, soutient-il, est toujours d'actualité. Et l'important est de "compter sur soi-même". Cet album local se veut un tube d'été. Riche de huit titres, Sunugaal se singularise par une diversité musicale. L'album est servi sur fond de rap, Assico, acoustique, dance hall, reggae, soûl, etc. Des rappeurs sénégalais (Baay Sooley, Carlou D,...) et des artistes ivoiriens (Soumbil, DJ Boombastic) y donnent de la voix.

# Gepost op vrijdag 25 augustus 2006, 16u13

Mission : Da Brains trace la voie du salut pour les jeunes

Mission : Da Brains trace la voie du salut pour les jeunes
Le groupe de rap Da Brains, après plus d'un an de travail en solo, revient sur la scène musicale avec un nouvel album à l'intitulé assez singulier : Mission. C'est ce produit, riche de huit titres sur cassette et de douze servis en Compact disque, que Djibril Dioum, Bakhao Dioum et Dj Ema vont présenter sur le marché à la fin de ce mois.

'Dans la vie, qu'on le sache ou pas, nous sommes tous en mission. Le président de la République, le journaliste, le rappeur, le footballeur,..., nous sommes tous des missionnaires qui avons un rôle précis à remplir dans un domaine précis'. Les propos sont de Djibril Dioum 'Djiby', un des rappeurs du groupe Da Brains, qui avait encensé le mouvement Hip-hop vers la fin des années 90. Au nombre de cinq à ses débuts, le possee ne compte maintenant que trois acteurs. Avec notamment les frères Djibril et Bakhao Dioum, qui font couler le flow aux côtés de l'homme aux doigts électriques, Emmanuel Cardo 'Dj Ema').

Après, la sortie des productions Da Brains en 1998, Tann, servi en duo avec Thione Seck (2001) et Niary Yonn (2003), le groupe de rap des Sicap-Dieuppeul revient sur le marché sénégalais avec un nouveau style. 'Mission est un album de huit titres sur cassette et douze sur Compact disque que nous avons travailler avec beaucoup de conviction', affirme Bakhao Dioum. Fruit de plus de dix-huit mois de 'travail intense', Djiby, Bakhao et Ema dénoncent dans cet album, la passivité, et les complaintes injustifiées des jeunes sénégalais, dans le titre Diambate.
'Par ce son, nous invitons les jeunes sénégalais à prendre des initiatives et à persévérer davantage dans l'effort, au lieu de passer tout le temps à se plaindre', soutient Bakhao. Selon lui, les jeunes au-delà des critiques formulées contre les gouvernants et autres acteurs de la société, 'doivent aller à la tâche pour initier et persévérer dans leurs propres esprits de créativité', estime-t-il.

Dans Axxu Ndiourel, les rappeurs accordent un temps de prière et de reconnaissance à ces milliers de mères qui perdent la vie en donnant la vie. Dans Rappa Dokh, un son partagé avec presque tous les rappeurs sénégalais, le groupe Da Brains tient à montrer aux autorités du Sénégal que 'le rap est une musique engagée et souvent servie sur un ton agressif. Mais le mouvement hip-hop en tant que tel n'est ni agressif, ni violent'. Par conséquent, il regrette 'le fait qu'elles interdisent aux rappeurs l'accès dans certaines salles ...'. Pour le groupe Da Brains, les autorités doivent cesser toute forme de discrimination.

Pour éviter le piratage du produit : Les artistes vont assurer la vente

De la production à la vente sur le marché, le groupe Da Brains compte dorénavant suivre tout produit qu'il mettra sur le marché. De l'avis de Djiby Dioum, ce qui se passe sur le marché de la musique est inacceptable. 'Les cerveaux du piratage et tous ceux qui effectuent la vente des produits musicaux de façon frauduleuse devraient être dénoncés et mis hors état de nuire. Mais, hélas, ces derniers se pavanent avec des produits volés en toute impunité', se désole-t-il.

Face à cette situation, il est quasi indispensable, selon Bakhao, de prendre des dispositions spécifiques. 'Nous avons initié et produit cet album par nos propres moyens sans l'aide de personne. Et c'est nous-mêmes qui allons assurer la vente de notre produit', avance-t-il. Par conséquent, ajoute le rappeur, 'que les autorités se tiennent informées. Nous n'hésiterons pas à faire la fête aux voleurs'.
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# Gepost op vrijdag 25 augustus 2006, 16u12

Sunugal diffusée sur le net - Awadi porte le débat de l'émigration sur la toile

Sunugal diffusée sur le net - Awadi porte le débat de l'émigration sur la toile
Avant même la sortie de l'album Sunugaal, le 19 juillet dernier, des internautes ont eu la primeur d'écouter ce tube.

Accompagnée d'images assez dures, cette première expérience sur la toile mondiale a permis d'échanger sur un sujet délicat.

Des photos d'immigrés, arrivant sur les plages des Iles Canaries. Une pirogue de migrants transportant de jeunes garçons, avec des visages où se mêlent fatigue et désespoir, mais surtout rongés par la faim et la soif. Certains recevant les premiers secours médicaux des gardes-côtes espagnols Ce sont là autant d'images tragiques qui se succèdent et appuient les paroles de la chanson Sunugaal du rappeur sénégalais Didier Awadi. Et sa voix, empreinte de tristesse, crie le désespoir de ces émigrés clandestins.

'C'est la première fois que j'utilise ce moyen pour faire passer un message', fait savoir Didier Awadi. L'idée, précise le rappeur, vient de son webmaster. Cette première expérience sur le Net est ponctuée de photos-textes choisies pour donner encore plus de force aux mots. L'objectif est de montrer aux yeux du monde la situation plus que précaire de ces clandestins. Et que plus jamais ça ne se produit. Une façon, selon le rappeur, de toucher tout le monde.

Car, ce sujet, estime le leader du groupe Pbs Radikal, 'est délicat et concerne tout le monde'. Et l'impact a été visible. Aujourd'hui, note Didier Awadi, 'nous sommes à plus de deux cent mille connexions sur le site. Le titre a fait le tour des continents'. Des feed-back du monde entier ont été enregistrés. Les médias du monde se sont intéressés à ce tube : Bbc, Rtbf, Reuters, Rfi, Tv5, des télévisions allemandes, etc. Des sites sur le Net se sont faits le relais de ce site aussi. Les réactions n'ont pas tardé. Peut-être que, pense le rappeur, 'le sujet est assez sérieux pour que tout le monde se sent concerné'.
De l'avis de Didier Awadi, la grosse communication aujourd'hui se fera sur Internet'. Mais l'avantage, souligne l'interprète de Sunugaal, 'est qu'en plus sur Internet, on est libre. Il n'y a aucune censure. On peut tout y faire sans restriction'. Alors, des gens se sont retrouvés pour partager les mêmes idées. Militants engagés dans le monde, les internautes ont essayé de continuer la réflexion suscitée dans le titre. Car, pense le chanteur, 'le titre est un début de réflexion'. Le but est de faire réfléchir autant les autorités que les jeunes. 'Pour moi, c'est autant l'échec des autorités, que l'échec de notre génération aussi', avoue Didier Awadi. Car, estime-t-il, 'nous n'avons pas su donner les bons messages pour que les jeunes aient de l'espoir. Tout le monde à une part de responsabilité sur ce phénomène. Ce morceau doit nous faire réfléchir'.

C'est alors que des séances de brain storming ont lieu pour trouver les bonnes idées et autres paramètres pour redonner espoir à ces jeunes. La solution, indique l'artiste, n'est pas de fuir mais de rester. Des retombées de cette initiative, le rappeur soutient ne guère en attendre grand-chose. 'il n'y a pas de but commercial derrière cette chanson. Il est hors de question que je tire profit de gens qui meurent. Si la diffusion sur Internet permet de faire bouger les choses, alors je suis prêt à recommencer', note-t-il.

Cependant, avertit Didier Awadi, les téléspectateurs ne verront pas ce clip. Car, lance notre interlocuteur, 'ce clip n'est pas destiné à la Télévision nationale sénégalaise'. Non pas parce qu'il a été censuré. Même si, fait-il remarquer, la Rts n'a pas apprécié la liberté de ton. Et l'avantage sur Internet est qu' 'au moins on ne sera pas censuré', se réjouit le leader du Pbs Radikal.
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# Gepost op vrijdag 25 augustus 2006, 16u09

Exposition : Sandy Haessner ausculte le Rap sénégalais

En marge du festival des hip hop Awards une exposition se tient au niveau de la place de l'indépendance de Dakar. Parmi les différents articles proposés, il est pratiquement impossible de ne pas s'arrêter devant le stand de la photographe allemande Sandy Haessner. Avec un regard plus ou moins différent elle livre une vision autre du rap sénégalais et de ses principaux acteurs sur une série de dix photographies.


Elle est motivée par le souci de mieux faire découvrir le Rap sénégalais et surtout de livrer une autre image de ce phénomène de société. Cette exposition dénommée Wordvision met sur la sellette dix rappeurs et groupes sous différents aspects. Le but recherché et avoué est de souligner la diversité musicale et philosophique véhiculée par les nombreux acteurs. Elle prend le pari de les montrer sous leur véritable jour c'est-à-dire comme des personnes simples. Pour ce faire, elle a choisi la combinaison du vocable Word qui signifie mot en anglais et du terme vision. Ces deux expressions résument les outils essentiels du hip hop : la parole et la vue pour expliciter autrement que le mouvement représente pour ses membres l'expression assumée de leur vision du monde. Les titres donnés aux œuvres expriment pour l'essentiel le sentiment de l'artiste mais aussi à un désir de se mettre au niveau des acteurs mis sur la scène. Le respect constitue un des remparts du hip hop et la photo de Fatim que la symbiose un des combats majeurs dans un milieu dominé par les hommes. Les Codes renvoient pour la plupart au langage particulier des rappeurs qui s'expriment le plus souvent à l'aide de métaphores et de compositions inédites. L'Education renvoie au père fondateur du mouvement Africa Bambata qui l'a défini comme le cinquième élément de la culture hip hop. Les autres clichés comme Yaatu,Unité, Liberté, Energie, Divertissement, Vérité et Pionnier recèlent tous de messages porteurs. Ces photos permettent d'effectuer un large tour d'horizon du mouvement hip hop national. Tous ses principaux acteurs y sont représentés. Du PBS au BMG 44 en passant par Daaraa J et Dakar All Stars et les autres, ils sont tous dépeints sous un angle nouveau.

Sandy Haessner a vu le jour en 1977 en Allemagne, elle a étudié les arts graphiques à ecosign-académie de Cologne depuis l'entame des années 2000, elle séjourne régulièrement au Sénégal pour travailler et acquérir plus d'expérience . « J'ai connu le Sénégal en 1998 au moment de la sortie de l'album du groupe PEE FROISS « Affair bou graw » par l'intermédiaire du groupe de percussions Mama Africa. Par la suite j'ai initié des recherches dans le milieu du Rap. J'ai livré ma première exposition à Düsseldorf en 2004. Je veux toujours montrer que le Rap a dépassé le cadre de l'amusement pour s'ériger en un vaste mouvement qui véhicule un certain nombre de valeurs. Je veux aussi montrer une autre image de L'Afrique. Ce continent regorge de talents et n'est pas forcément synonymes de guerres et deb calamités. J'envisage de prouver que les rappeurs méritent du respect et de la considération au vu de l'immense travail qu'ils abattent « a conclu l'artiste, visiblement sous le charme du mouvement hip hop national.
M.F.LO

# Gepost op maandag 06 februari 2006, 10u26

Stephen Nikinon - Rappeuse : l'Antillaise qui a séduit le public dakarois

Stephen Nikinon, rappeuse Française d'origine antillaise rencontrée lors des 5é Hip Hop Awards de Dakar, est pour un rap romantique et engagé. Elle n'envisage pas de devenir le porte-étendard de la lutte contre le racisme.

Stephen Nikinon a séduit le public de l'Institut Français Léopold Sédar Senghor lors du dernier festival Hip Hop Awards de Dakar. Son passage sur la scène était un moment fort attendu et avant sa montée sur scène, quelques filles qui étaient assises dans les gradins la réclamaient sans cesse. Ses filles et même le public n'ont pas déchanté. Habillée tout en rouge, l'entrée en scène de la rappeuse de Stephen avait provoqué des vivats dans la foule. Ses chansons ont entraîné ces jeunes filles et garçons qui n'ont cessé de bouger et de crier durant sa prestation.
Après quinze ans de présence dans le mouvement Hip Hop, on a les ficèles pour faire gagner l'estime des spectateurs. La rappeuse française d'origine guadeloupéenne n'a pas éprouvé des difficultés pour accrocher ce beau monde. Et tant mieux pour elle. Stephen ne vibre uniquement pas pour ce genre musical. Elle a dédié son temps à l'amélioration du rap. « Mon activité principale c'est de travailler pour développer le rap. Si je ne m'occupe pas de ma fille, je travaille à améliorer la musique », révèle la rappeuse. Elle explore les thèmes qui tournent autour des relations humaines. Ses compositions font écho aux sensations et aux émotions. Mais parfois elle distille dans ses textes des paroles virulentes. « Moi je suis à la fois pour le rap engagé et le rap romantique », tranche la rappeuse. Même si elle parle à quelques rares occasions du racisme, Stephen n'envisage pas s'engager dans le combat dans ce domaine.

Elle préfère laisser le champ aux autres. « Je ne veux pas faire du racisme mon cheval de bataille. Cela ne sert à rien de toucher à tout », lance la rappeuse. Elle compte à son actif trois album et ne veut pas s'arrêter en si bon chemin.
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# Gepost op maandag 06 februari 2006, 10u24