Daara-j fête ses 12 ans du 17 au 24 août : en ouverture, une preuve de maturité

Douze ans, ce n'est pas douze jours. Et cela, le groupe Daara-J l'a démontré mercredi soir, à l'occasion de l'ouverture des festivités de son 12e anniversaire (du 17 au 24 août) qui leur a fait faire une escale au bercail. De retour d'une tournée internationale, ils ont explosé la salle du Thiossane de par un concert d'enfer comme ils l'avaient promis.

"Nous allons reproduire les mêmes scènes qu'on a faites à l'étranger". Cette promesse de leur manager Moustapha Diop, lors de leur point de presse, le groupe l'a tenue. Moins de deux heures auront suffi à Faada Fredy, Aladji Man et Ndongo D pour prouver leur talent incontestable. Fidèle à son style ragga, rap et soul, Daara-J a séduit ses invités à son douzième anniversaire ouvert avec succès.

Leurs fans, venus nombreux malgré la journée pluvieuse d'avant-hier, ne l'ont pas regretté. Le trio a convaincu par son style et sa classe. A 22 h 8 mn, au moment où la piste commence à être fluide, l'on annonce la rentrée du groupe, le public se déchaîne. La piste est prise d'assaut et se remplit de monde. Quelques secondes de suspense et Nongo-D, "le sage", fait son apparition en courant. Il est habillé à l'américaine, tout en blanc avec un foulard doublé d'une casquette. Il est suivi du "fou de la Médina", Aladji Man, qui arbore un tee-shirt bleu. Ce n'est qu'après quelques secondes que Faada Fredy les rejoint. Vêtu d'un "deux-pièces" traditionnel, le mélodien avec ses rastas, son sourire radieux ne pouvait s'arracher moins d'acclamations que ses pairs. D'un coup, Xalima retentit. Et c'est le début de la communion avec les fans qui, de manière spontanée, dansent et chantent avec leurs admirateurs. A un instant, le podium ne peut plus contenir ces trois stars.

Pour l'entrée, c'est un voyage en Jamaïque sans visa. Car les mélomanes ont eu droit à une bonne dose de reggae composée d'anciens tubes, mais aussi d'exclusivités. Sous le contrôle de Didier Neasso venu de France, le posse a séduit plus d'un avec ses singles d'enfer, notamment Espéranza, Bopp sa bopp, Loxo tia kaw, Daara-J... Dans ce groupe, c'est un compagnonnage de raison, car chacun d'entre eux dispose d'un arsenal pour séduire le public. Nongo D use de son verve à manier si bien la langue de Kocc Barma au point d'attirer les fans. Ce qui le différencie de l'homme à la voix rauque Aladji Man qui a le don de réveiller ses spectateurs. Leur ami Faada Fredy, quant à lui, sait attirer les filles par ses gestes et danses romantiques. En sus de son sublime timbre vocal, ce qui fait que certaines ne peuvent s'empêcher de lui arracher des saluts.

Avant de prendre congé de leurs fans, les stars ont renouvelé leur amitié car soutiennent-ellles, ils ont vécu "douze années de carrière, de galère et d'amitié". Avant de déclarer avec modestie qu'il leur reste encore à prouver.

Auparavant, juste avant leur passage, des groupes locaux sont venus répondre à leur invitation comme Wa Guebble. Outre la belle prestation des "Breakeurs" et "graffeurs".

Pour rappel, le groupe investira demain la Pyramide culturelle du Sénégal, le dimanche 21, il sera à la Piscine olympique et la clôture aura lieu au Just for U le 24 août.

# Posté le dimanche 04 septembre 2005 10:05

Denis Ndong « Snipe », rappeur vivant en Allemagne : « C'est un retour aux sources pour moi »

Denis Ndong, plus connu sous le sobriquet de « Snipe », veut apporter sa contribution à l'expansion de la musique hip hop. Ce rappeur sénégalais, qui a servi sous les drapeaux français, milite pour un rap engagé. Mais il ne s'enferme pas dans ce cocon. Il écrit aussi des textes romantiques pour célébrer tout ce qu'il ressent. Dans cet entretien, il lève un coin du voile des réalités qu'il rencontre en Allemagne où il est établi.

Comment êtes vous venu dans le mouvement rap ?

« J'ai commencé à faire de la musique en 1995. Après mon service militaire de deux ans en France, je suis parti en Allemagne. Mais j'avais auparavant commencé à écrire des textes à Dakar. C'est en Allemagne que je suis entré officiellement dans le mouvement. C'est là où j'ai formé un groupe, qui s'appelle « Diaspora », avec cinq autres potes. Ensuite, trois ont quitté et en 2000 un autre est parti. Je me suis retrouvé avec deux camarades. On a sorti un album qui s'appelle « La Diaspora » qui a assez bien marché. Dans cette production, les chansons sont interprétées en français, mais il y a une chanson en allemand, où on dénonce le racisme de certains citoyens allemands. Le racisme est un fait qui existe dans ce pays. Mais ce ne sont pas tous les Allemands qui sont racistes. Le racisme existe là-bas, mais ce n'est pas tous les jours qu'on le vit, sinon j'aurai quitté le pays.

Quel est votre concept ?

« Notre concept c'est de dire des choses que l'on ressent. D'abord, nous laissons parler notre coeur. Quand on est artiste, on a des sensibilités qu'on veut partager avec tout le monde. Moi, je me considère comme un rappeur très complet. Quand il s'agit de protester contre un gouvernement, contre un système, contre l'injustice, je proteste. Mais quand il s'agit de faire un texte autobiographique je le fais aussi. C'est du rap autobiographique et du rap engagé mais aussi du rap qui raconte la vie y compris les bons moments.

C'est la passion qui m'a fait entrer dans la musique. Toutefois, il y'a un côté mystique. Je n'ai aucun membre de ma famille qui a pour métier la musique. C'est Dieu qui fait les choses. Ã- force de persévérer, de laisser parler son coeur le talent suit.

Un artiste africain a-t-il une chance de se faire une place en Allemagne ?

« Ce n'est pas facile pour un artiste étranger, en général et africain en particulier, de s'imposer en Allemagne. Il y a beaucoup d'appréhensions. Il faut d'abord faire ce que les gens aiment. C'est devenu dur surtout avec le piratage et l'Internet. Les gens n'achètent plus. Mais si l'artiste travaille avec beaucoup de sérieux, il a la chance d'émerger. La production à l'étranger est difficile. Cependant, on commence à comprendre les mécanismes. Nous avons la chance de rencontrer un Allemand qui s'appelle Berne. Celui-ci a mis son studio à notre disposition. Cela illustre qu'il y a de bons citoyens allemands.

Qu'en est-il de la vie des Africains là-bas, en général ?

Certes, nous ne vivons pas comme nous l'aurions souhaité. Mais quand même nous parvenons à manger et avoir le minimum. Cependant, ça nous fait de la peine de voir nos frères Africains souffrir en France et en Allemagne. C'est l'occasion de lancer un appel aux gouvernements Africains et Européens pour qu'ils trouvent une solution à ce problème

-Quelle est la teneur de vos compositions ?

Je suis resté 10 ans en Allemagne sans revenir. Je fais souvent la critique sociale de cette expérience de 10 ans. Durant ces 10 ans, j'ai perdu beaucoup de gens, ma grand-mère, mes oncles mes cousins. Je parle de tout cela dans mes compositions. Je parle aussi des valeurs que nous avons héritées de nos grands parents. Par exemple, les Catholiques et les Musulmans ont toujours vécu ensemble, de même que les Ethnies comme Toucouleurs et Joola etc. J'appelle, dans mes chansons, à la préservation de cet important héritage. C'est regrettable, mais beaucoup de pays ne l'ont pas.

Comment appréciez-vous le Hip Hop sénégalais ?

« J'ai un regard positif du mouvement Hip Hop sénégalais. J'ai toujours suivi les groupes comme PBS, Pee Frois, Daraa-Ji. Ils font du bon boulot.

Il y a beaucoup de groupes qui ont du talent, mais ils n'ont pas les moyens même si on sent l'énergie qui les anime. Chacun a son style. Ca c'est déjà quelque chose de positif. On y trouve du rap engagé, mélodieux et tout.

On sait que la réussite dans le métier de la musique ne s'obtient pas du jour au lendemain, comptez-vous rester dans ce métier malgré le manque de moyen ?

Il n'y a personne qui fait les choses gratuitement. Même si les gens font la différence entre, être engagé, ou être commercial. Aujourd'hui, on est en 2005. Tout ce que tu fais, que ça soit le son ou le studio dans lequel on enregistre, est payant. La musique demande des moyens, je suis obligé de travailler comme les autres. Il y a des périodes où il y a beaucoup de concerts et d'autres moments plus libres, on en profite pour travailler.

Pourquoi avoir choisi de sortir l'album au Sénégal, en premier ?

« Pour cet album, j'ai préféré d'abord faire la promotion dans mon pays, parce que c'est un retour aux sources pour moi. D'ailleurs, il est dédié spécialement au Sénégal et à l'Afrique. Le titre (Come Back) l'illustre. La sortie était prévue en fin août. Mais nous l'avons décalé jusqu'en décembre pour régler certains détails.

J'ai fait un freestyle avec Pee Froiss et le groupe Alif. Je les ai croisés en Allemagne, alors qu'ils étaient en tournée. Le courant est vite passé entre eux et moi. »

# Posté le dimanche 04 septembre 2005 10:04

Denis Ndong « Snipe », rappeur vivant en Allemagne : « C'est un retour aux sources pour moi »

Denis Ndong, plus connu sous le sobriquet de « Snipe », veut apporter sa contribution à l'expansion de la musique hip hop. Ce rappeur sénégalais, qui a servi sous les drapeaux français, milite pour un rap engagé. Mais il ne s'enferme pas dans ce cocon. Il écrit aussi des textes romantiques pour célébrer tout ce qu'il ressent. Dans cet entretien, il lève un coin du voile des réalités qu'il rencontre en Allemagne où il est établi.

Comment êtes vous venu dans le mouvement rap ?

« J'ai commencé à faire de la musique en 1995. Après mon service militaire de deux ans en France, je suis parti en Allemagne. Mais j'avais auparavant commencé à écrire des textes à Dakar. C'est en Allemagne que je suis entré officiellement dans le mouvement. C'est là où j'ai formé un groupe, qui s'appelle « Diaspora », avec cinq autres potes. Ensuite, trois ont quitté et en 2000 un autre est parti. Je me suis retrouvé avec deux camarades. On a sorti un album qui s'appelle « La Diaspora » qui a assez bien marché. Dans cette production, les chansons sont interprétées en français, mais il y a une chanson en allemand, où on dénonce le racisme de certains citoyens allemands. Le racisme est un fait qui existe dans ce pays. Mais ce ne sont pas tous les Allemands qui sont racistes. Le racisme existe là-bas, mais ce n'est pas tous les jours qu'on le vit, sinon j'aurai quitté le pays.

Quel est votre concept ?

« Notre concept c'est de dire des choses que l'on ressent. D'abord, nous laissons parler notre coeur. Quand on est artiste, on a des sensibilités qu'on veut partager avec tout le monde. Moi, je me considère comme un rappeur très complet. Quand il s'agit de protester contre un gouvernement, contre un système, contre l'injustice, je proteste. Mais quand il s'agit de faire un texte autobiographique je le fais aussi. C'est du rap autobiographique et du rap engagé mais aussi du rap qui raconte la vie y compris les bons moments.

C'est la passion qui m'a fait entrer dans la musique. Toutefois, il y'a un côté mystique. Je n'ai aucun membre de ma famille qui a pour métier la musique. C'est Dieu qui fait les choses. Ã- force de persévérer, de laisser parler son coeur le talent suit.

Un artiste africain a-t-il une chance de se faire une place en Allemagne ?

« Ce n'est pas facile pour un artiste étranger, en général et africain en particulier, de s'imposer en Allemagne. Il y a beaucoup d'appréhensions. Il faut d'abord faire ce que les gens aiment. C'est devenu dur surtout avec le piratage et l'Internet. Les gens n'achètent plus. Mais si l'artiste travaille avec beaucoup de sérieux, il a la chance d'émerger. La production à l'étranger est difficile. Cependant, on commence à comprendre les mécanismes. Nous avons la chance de rencontrer un Allemand qui s'appelle Berne. Celui-ci a mis son studio à notre disposition. Cela illustre qu'il y a de bons citoyens allemands.

Qu'en est-il de la vie des Africains là-bas, en général ?

Certes, nous ne vivons pas comme nous l'aurions souhaité. Mais quand même nous parvenons à manger et avoir le minimum. Cependant, ça nous fait de la peine de voir nos frères Africains souffrir en France et en Allemagne. C'est l'occasion de lancer un appel aux gouvernements Africains et Européens pour qu'ils trouvent une solution à ce problème

-Quelle est la teneur de vos compositions ?

Je suis resté 10 ans en Allemagne sans revenir. Je fais souvent la critique sociale de cette expérience de 10 ans. Durant ces 10 ans, j'ai perdu beaucoup de gens, ma grand-mère, mes oncles mes cousins. Je parle de tout cela dans mes compositions. Je parle aussi des valeurs que nous avons héritées de nos grands parents. Par exemple, les Catholiques et les Musulmans ont toujours vécu ensemble, de même que les Ethnies comme Toucouleurs et Joola etc. J'appelle, dans mes chansons, à la préservation de cet important héritage. C'est regrettable, mais beaucoup de pays ne l'ont pas.

Comment appréciez-vous le Hip Hop sénégalais ?

« J'ai un regard positif du mouvement Hip Hop sénégalais. J'ai toujours suivi les groupes comme PBS, Pee Frois, Daraa-Ji. Ils font du bon boulot.

Il y a beaucoup de groupes qui ont du talent, mais ils n'ont pas les moyens même si on sent l'énergie qui les anime. Chacun a son style. Ca c'est déjà quelque chose de positif. On y trouve du rap engagé, mélodieux et tout.

On sait que la réussite dans le métier de la musique ne s'obtient pas du jour au lendemain, comptez-vous rester dans ce métier malgré le manque de moyen ?

Il n'y a personne qui fait les choses gratuitement. Même si les gens font la différence entre, être engagé, ou être commercial. Aujourd'hui, on est en 2005. Tout ce que tu fais, que ça soit le son ou le studio dans lequel on enregistre, est payant. La musique demande des moyens, je suis obligé de travailler comme les autres. Il y a des périodes où il y a beaucoup de concerts et d'autres moments plus libres, on en profite pour travailler.

Pourquoi avoir choisi de sortir l'album au Sénégal, en premier ?

« Pour cet album, j'ai préféré d'abord faire la promotion dans mon pays, parce que c'est un retour aux sources pour moi. D'ailleurs, il est dédié spécialement au Sénégal et à l'Afrique. Le titre (Come Back) l'illustre. La sortie était prévue en fin août. Mais nous l'avons décalé jusqu'en décembre pour régler certains détails.

J'ai fait un freestyle avec Pee Froiss et le groupe Alif. Je les ai croisés en Allemagne, alors qu'ils étaient en tournée. Le courant est vite passé entre eux et moi. »
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 04 septembre 2005 10:03

Hip-hop : Negro Système embouche la trompette de l'unité africaine

« Negro Système » c'est ce groupe de rap qui est a cheval entre la Guinée Conakry et le Sénégal. Ses chansons militent pour l'intégration africaine qui est pour ces trois jeunes, la voie royale pour sortir le continent de la pauvreté. Leurs compositions font aussi l'échos de la désillusion de Guinée.

Le groupe « Negro Système » fondé il y a quelques années a prouvé que même sans expérience, il est possible d'arriver à de bons résultats. En écoutant les chansons de son premier album « Révolution hip-hop » on est vite impressionné par les arrangements et les refrains.

Les textures des voix sont tantôt graves, tantôt aiguës, elles donnent plus de corps à leur musique.

Ils ont adopté le genre musical, leurs thèmes reflètent la société guinéenne. Certaines compositions ont échappé à la censure.

Leurs chansons font l'écho des conditions de vie des peuples de Guinée. « Le sous-sol de la Guinée est riche. Mais les populations vivent des conditions difficiles. Pour nous il faut des actions concrètes pour sortir le pays du sous-développement », dit Master Baas, l'un des chanteurs,

La manière de véhiculer les messages obéit à un art de la communication. En écoutant les rimes de leurs chansons, le mixage on a du mal à croire que les jeunes sont à leur premier produit.

Fort de la conception de cet album, le groupe s'est payé le luxe de faire des tournées dans les pays de la sous-région. Ils ont tour à tour visité le Mali, la Mauritanie, le Burkina Faso, la Guinée Bissao, la Gambie. « Partout on a eu du succès. Le groupe est accueilli par la jeunesse de chaque pays visité », dit Sneak.

L'unité africaine est la thématique phare de leur création. Ils appellent les dirigeants des pays à transcender leur divergence pour conduire le pays vers l'intégration. C'est la seule voie, selon ces rappeurs, pour sortir l'Afrique du Sous-développement. « L'Europe s'unit. Il y a des entités régionales en Amérique Latine. Il est urgent que les africains s'unissent pour sortir le continent de la pauvreté », indique Master Baas. Même s'ils sont tous originaires de la Guinée, les trois jeunes n'ont jamais voulu faire de ce pays leur port d'attache. Le groupe passe une partie de l'année en Guinée et l'autre au Sénégal. C'est une manière pour eux de vivre cette unité du continent qu'ils clament. Mais il faut y voir une ambition de conquérir le public guinéen et sénégalais. « Nous voulons nous solidariser avec la forte communauté guinéenne présente au Sénégal. Nous voulons par la même occasion conquérir le public sénégalais », avance Sneak.

Le morceau « Love » trahit la philosophie du groupe. C'est une musique qui fait l'éloge de la beauté de la femme africaine. Le groupe a gagné en célébrité. La formation est le leader de dix groupes de rappeurs en Guinée. Au Sénégal, « Negro Système » entretient de bons rapports avec le PBS, le Daara J et tant d'autres formations.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 26 août 2005 13:16

Moona, sénégalo-béninoise : messages festifs, forte dose de féminité

Affectueusement, elle se fait appeler DCH (Dangerous Cool and Hot). De quoi s'interroger sur les véritables motivations de cette séduisante « rappeuse » au sourire qui reflète un brin de charme ... ravageur. "C'est juste que cette expression reflète ma personnalité". Seulement, une précision de taille s'impose.

Simplement parce qu'il faut rapporter cette attitude à sa musique ; puisque DCH peu parler de choses selon leur nature ; qu'elles soient importantes ou à un moindre degré. Preuve que cet artiste peut se retrouver dans n'importe quelle situation et réussir à s'y mouvoir en parfaite connaissance de cause.

Moona, c'est le véritable nom de DHC ; une Sénégalaise d'origine béninoise. Seulement, à chaque fois que le Bénin doit être représenté dans les rencontres musicales sénégalaises, elle se fait un plaisir d'occuper la place qui sied à son pays natal. Même si, son coeur bat pour le Sénégal, ce pays qui l'a adopté depuis quelques années. Mieux, un pays qui lui a permis d'aller à la rencontre de ses racines ... sarakholé. "Lors de ma première année à l'Université, j'ai logé chez mes parents à Pikine. Cela m'a permis de baigner dans l'ambiance familiale et de retrouver mes origines". Puisque, tient à préciser la jeune fille, c'est son grand-père parti au Bénin pour ramener son frère qui a fini par tomber sous les charmes de ce pays avant d'y prendre femme. Son père, Béninois de naissance s'est retrouvé parfaitement intégré dans ce pays, au point que ses enfants se sentent chez eux, dans l'ancien Royaume du Dahomey. Même si, quelque part, il se sent Sénégalais pour y avoir fait des études. Ayant grandi à Cotonou où elle a fait ses études jusqu'à l'obtention du Bac français, Moona s'est retrouvé au Sénégal. Mais, ce n'est pas le seul pays qu'elle a fréquenté. Car, elle a fait le Ghana, le Burkina, le Niger et le Nigeria. Une situation qui lui permet d'être réceptive à toutes les cultures et d'avoir de bons rapports avec toutes les communautés.

Sa passion pour la musique, c'est la symbiose de rencontres avec de grands noms de la scène africaine qui fréquentaient leur maison sur invitation d'un père connaisseur. Angélique Kidjo, Kassav, Nayanka Bell, Aicha Koné et bien d'autres sont passés chez elle. Toutes ces influences ont permis à ce talent qui excellait dans l'art de jouer le piano d'avoir une vaste ouverture musicale. Ce qui a lui permis de réussir sa première maquette aux relents rap, R&B et Dance Hall. Le clip produit par un jeune label béninois, qui a suivi cette entrée retentissante, lui a permis de séduire son public. Car, le public a découvert une nouvelle star de la musique africaine.

MES MESSAGES SONT FESTIFS

"Au Sénégal, j'ai eu la chance d'être coachée par Guissé Pène et Didier Awadi. Comme, ils aiment bien ce que je fais, je n'ai pas eu de problèmes particuliers". DCH dit avoir le soutien de Big D, de Xuman et Keyti. Sans oublier les autres artistes de la banlieue avec qui, elle collabore pour donner la pleine mesure de son talent. Alors, lorsqu'elle s'est retrouvée dans des festivals comme AfricaKeur ou celui de Didier Awadi à Guédiawaye, les mélomanes ont reconnu en elle, une des futures grandes voix de la scène africaine. Peut-être parce que cette artiste, qui se dit pas trop engagée, a été fortement influencée par le jazz qui ne s'accommode d'aucune forme d'orchestration folklorique. « Je mets l'accent sur la sensibilisation pour une meilleure prise de conscience. Ainsi, mes messages sont festifs pour ne pas tomber dans la monotonie ». Sans verser dans le sentimentalisme, Moona ne parle de certaines choses que lorsqu'elles le touchent vraiment. Alors, une attitude peut-elle s'accommoder du rap qui se veut parfois cru dans le langage ? L'artiste soutient que « parler de social, c'est aussi faire preuve d'engagement ».Même si le Sénégal est véritablement la référence hip hop en Afrique, Moona n'en pense pas moins qu'il se pose un problème dans notre pays. « Ce qu'il faut déplorer, c'est que le Mouvement se sectarise. Il n'y a pas d'intégration entre rappeurs et autres musiciens. Et pourtant, cela aurait pu nous permettre plus d'originalité dans notre démarche musicale », explique t-elle. Mais, une chose est sure, elle veut vivre pleinement sa passion pour la musique au Sénégal. « C'est un milieu organisé. Et ce n'est pas un hasard si les Touré Kunda ont été premier groupe africain à tourner en Europe et le PBS, l'un des meilleurs groupes de rap sur la scène africaine ».

JE N'AI JAMAIS DOUBLE UNE CLASSE

Etudiante en licence de droit à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Moona doit préparer sa maîtrise l'année prochaine. Une situation qui prouve à bien des égards que l'artiste a réussi à allier sa passion pour la musique et les études. « Il faut simplement savoir faire la part des choses. Et fort heureusement, je n'ai jamais doublé une classe », tient-elle à préciser. C'est peut-être ce qui explique, le choix de l'horizon 2006 pour la sortie de son premier album, eu égard à cette volonté de ne pas précipiter les choses. « Je prends mon temps pour peaufiner mon prochain album. Je veux proposer aux mélomanes une production de haute facture qui sera appréciée à sa juste mesure ». Si Moona est suivi depuis par un label au professionnalisme reconnu, il n'en demeure pas moins qu'elle redoute la promotion et la distribution qui constituent un véritable casse-tête. « J'aurais besoin d'être soutenue. Heureusement qu'il y a ici des gens sur qui je peux compter ». Le charme de Moona, ce n'est pas seulement son petit sourire qui accompagne ce ... doux visage. Sur scène aussi, l'artiste se veut également gaie. D'autant plus que le public, réceptif à ces messages, reprend en choeur son tube à succès « Frère ». « Sur scène, je suis très féminine », dit-elle. A ce titre, Moona fait remarquer qu'elle a une féminité à conserver. Pour la bonne et simple raison qu'elle ne joue pas un rôle. « Même dans la vie, je suis très féminine ».

Que dire alors de ces rapports avec la gent féminine qui a investi le mouvement hip hop à l'image du groupe Alif ou encore de la nouvelle coqueluche Thaïs ? « Nous nous consultons régulièrement. Et en plus, ce sont des soeurs à moi ». Sénégalo-béninoise, Moona comprend toutes les langues parlées dans son pays natal. Alors, vis-à-vis de ses compatriotes vivant au Sénégal, elle est très à l'aise. Musicalement parlant.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 26 août 2005 13:15