Charity-show pour l'enfance : Le rappeur Booba donne un concert au Cices

Même s'il ne revendique ouvertement pas ses origines sénégalaises, le rappeur français Elie Yaffa alias Booba a répondu sans hésiter à l'invitation de donner un concert ce samedi après-midi , au CICES de Dakar. Un spectacle de rap dont une partie des recettes sera versée au projet Empire qui s'occupe des enfants en difficulté dans le quartier dakarois de Reubeuss.

Le rappeur français Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, donne ce samedi au Cices de Dakar un concert dont une partie des recettes ira au projet d'aide aux enfants défavorisés « Empire ». Initié par DJ Makhtar, ce concert est une occasion pour le rappeur français Booba dont le père est originaire de Bakel, de revenir cinq années après au Sénégal.

C'est sans arrière-pensée donc que l'artiste a accepté de répondre à l'appel de DJ Makhtar, un animateur-producteur dakarois décidé de verser dans l'aide aux enfants en difficulté, aux handicapés, etc.

« Je suis content d'être là. Et puis cela faisait cinq ans que je ne suis pas revenu au Sénégal. Même si c'est difficile d'organiser quelque chose ici... » s'est justifié Booba peu loquace. Le rappeur, d'une certaine mélancolie naturelle, est pourtant très présent sur la scène parisienne avec deux albums à son actif, « Temps mort » sorti en 2002 suivi de « Panthéon ». Double disque d'or, Booba affirme être venu dans la musique par la danse et le hasard. Même s'il fait du rap à l'américaine, avec tatouages sur tout le corps et affiche une mine de gangster, Booba répond avoir trouvé normal de venir en aide tant qu'il se peut.

Ã- ses côtés DJ Makhtar, l'initiateur du concert et Anta Mbow directrice de l'Empire des Enfants n'en disent pas moins. DJ Makhtar, animateur et producteur se dit déjà très proche des activités du projet Empire des Enfants que dirige Anta Mbow, au quartier Reubeuss de Dakar.

Son projet, soutenu par de bonnes volontés et des bénévoles, prend en charge une vingtaine d'enfants trouvés dans la rue ou en difficulté.

En initiant des concerts et des spectacles donnés, souvent, gratuitement par des artistes comme Idrissa Diop, Souleymane Faye, Pape et Cheik, Abdou Guité Seck, etc, le projet Empire des enfants parvient à scolariser ses pensionnaires âgés entre 6 à 17 ans.

Actuellement l'Empire des Enfants accueille, selon Mme Mbow, de jeunes Français du 3é arrondissement venus avec des fonds récoltés en vue d'équiper le projet d'une bibliothèque. Une partie des recettes sera aussi versée à L'Empire des enfants, qui a besoin de fonds pour parvenir à réaliser les objectifs que s'est fixés sa directrice Anta mbow...
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# Posté le mercredi 17 août 2005 18:09

SeneRap: les collaborations avec les chanteurs locaux

SeneRap: les collaborations avec les chanteurs locaux
Le Sénégal, c'est bien connu, est la patrie du mbalax. Né à la fin des années 70, popularisé sur la scène internationale principalement par Youssou Ndour, l'enfant de la Médina (quartier où il est né), le mbalax est devenu aujourd'hui le courant musical dominant à Dakar, sa particularité ayant été d'avoir épousé les rythmes traditionnels et les danses locales.

Dans un tel contexte, l'apparition, puis le développement de la scène rap au Sénégal pouvait attiser une concurrence sournoise, d'autant plus qu'une divergence fondamentale entre les deux courants musicaux tient à la différence de leurs degrés d'engagement politique. En effet, alors que le mbalax n'entend apporter aucun message ni même dénoncer quoique ce soit, le rap au Sénégal (comme partout ailleurs dans le monde) s'est dès le début donné pour mission d'investir le terrain revendicatif, épousant en cela les préoccupations politiques et sociales qui sont celles de la jeunesse du pays.

Malgré tout, il est remarquable de constater que ces différences d'approches n'ont pas empêché les collaborations, ni même le respect mutuel. La plupart des MC's sénégalais ont très tôt compris que le mbalax était en quelque sorte pour eux leur old school, d'autant plus que ce sont les rythmes des Y. Ndour, B. Maal, Ismael Lo etc. qui ont bercé leur adolescence. Et de leur côté, les chanteurs de mbalax, qui ont bien pris conscience du vent nouveau qui soufflait sur la jeunesse sénégalaise, n'ont pas hésité à surfer en quelque sorte sur la nouvelle vague montante. De cette façon, est née une série impressionnante de collaborations musicales et de soutiens réciproques. Faut-il le rappeler d'ailleurs, Baba Maal par exemple s'est personnellement investi dans la carrière internationale de Positive Black Soul, et l'apparition de ce dernier sur l'album Nomad Soul du premier, n'aura été qu'une goutte d'eau dans le vase de leur collaboration.

Ici encore, le PBS aura été un pionnier. La première alchimie rap-mbalax est en effet à mettre à son actif, avec l'album boul fale bou bès (1994), contenant plusieurs versions remix auxquelles participent de nombreuses pointures du mbalax (dont Baba Maal, Omar Pène, Alioune Kassé, Aminata Fall, Aby Ndour, Pape Niang). A partir de cette année, les collaborations se multiplient : MC Lida s'associe avec Omar Pène et le Super Diamono, sur le titre Bakkar faggu (1995), le PBS est invité par Alioune M. Nder sur son premier opus en solo (1995), Alioune Kassé vient épauler Boul N Baî sur un titre de l'album Mama Africa(1997), Ma Sané (du groupe Wa Flash) participe au premier Sénérap (1997) en assistant PBS sur Lou tax, Daara J est invité par Youssou Ndour sur la version remix de Solidarité (album Lii + - 1997), Jimmy Ngom (par ailleurs guitariste de Y. Ndour), sur son premier album solo (1997), tend la perche à Lakaalé Posse, et le liste est sans doute loin d'être exhaustive. Et ces collaborations discographiques se poursuivent sur scène, puisque d'une part ce sont la plupart du temps des groupes de rap qui assurent les premières parties des concerts de mbalax (par exemple, Daara J pendant assez longtemps avec Youssou Ndour), et d'autre part, les grands noms de la musique sénégalaise sont régulièrement invités lors des podiums et des concerts hip hop. C'est ce qui explique la présence par exemple de Ndiaga Mbaye, Baba Maal, Alioune Kassé, Thione Seck et Ouza sur l'album live du Sunu Flavour, ou encore celles de Black Mbolo ou de Bamba J. Fall sur des albums ici encore live de Thione Seck.

Doit-on néanmoins en conclure qu'entre le hip hop et le mbalax, les relations sont au beau fixe ? Pas toujours, et l'épisode Rap'adio en est l'illustration. Un petit récapitulatif s'impose : dans Xibaru underground, titre phare de leur album, Iba, Bibson et Kt (les trois MC's du crew) s'en prennent violemment à Cheikh Lô (musicien mbalax) et à Black Mbolo (crew qui se veut le champion du rap-mbalax, c'est à dire du hip hop sur des beats mbalax). L'attaque faite à Cheikh Lô s'explique par le fait que ce dernier, lors d'un passage sur une station FM de la place, s'en était pris aux rappeurs, sous le prétexte d'abord que le rap serait pauvre musicalement et ensuite que les discours développés, lorsqu'ils ne sont pas démagogiques, seraient tout simplement vides de sens. Quant au posse du Black Mbolo, le reproche que leur adressait Rap'adio se fondait sur l'idée selon laquelle le Hip Hop était finalement quelque chose de trop sérieux pour que des MC's se laissent aller au point de produire une musique dont la seule prétention serait d'amuser la galerie, en faisant danser par exemple de la même manière que le ferait le mbalax. Ci-dessous la traduction de quelques-uns uns des vers incendiaires de Rap'adio :

Beaucoup de MC's s'imaginent l'arène du hip hop comme un terrain de jeu
Confondant leurs tenues de combat avec de simples déguisements
Je les arrête car le hip hop demande une grande sincérité
Moi je suis dedans depuis ma tendre enfance
Car depuis toujours la vérité y est clamée (...)
Où as tu déjà vu des MC's déclamer leurs vers
Juste afin que les gonzesses puissent se déambuler les hanches et les fesses ?
Moi je reste conscient de ma mission
Contrairement à ces faux MC's qui essayent d'arrondir les angles
Dans le seul but d'écouler leurs produits sur le marché (...)
Je trouve leur style musical dégueulasse
Si tu savais à quel point il me dégoutte
Beaucoup plus en tout cas que les sales rastas de Cheikh Lô
MC retournes vers les sources du Hip Hop
Sinon je devrais tisser pour toi un pagne approprié
Et te le passer pour que tu rejoignes ta vraie place
Au milieu des cercles de danse, où tu ne feras alors que bouger les fesses
A moins que tu ne te décides à mieux t'assumer
Et pour cela tu pourrais t'inspirer de mon crew

On le devinera, ces vers firent l'effet d'une bombe. Champion autoproclamé de l'underground et du vrai hip hop, Rap'adio entendait ainsi marquer son territoire, en s'en prenant à la fois à celui qui contestait l'essence du hip hop (Cheikh Lô) ainsi qu'a ceux qu'il considérait comme des faussaires (il va sans dire que pour Rap'adio, le posse du Black Mbolo faisait partie de ces faussaires). ôô L'épisode Rap'adio n'aura pas pour autant marqué un coup d'arrêt dans les collaborations rap-mbalax. Youssou Ndour a lui-même produit l'album de Biddew bou bes (Ndekete yo - 1999), mettant même la main à la patte puisqu'il est présent sur un titre de l'album. Daara J est également annoncé sur le prochain disque international du même Youssou Ndour. D'autres exemples peuvent également être donnés, pour témoigner de la poursuite de cette collaboration. Certes le phénomène Rap'adio a fait naître au Sénégal une réelle poussée de la fièvre hardcore, mais on peut quand même raisonnablement penser que les ponts entre le hip et hop et le mbalax n'en seront pas pour autant définitivement rompus. On peut même pousser l'analyse plus loin, jusqu'à développer l'idée selon laquelle le rap exercerait déjà une influence sur le mbalax, par une sorte de contagion revendicative. Youssou Ndour par exemple, sur sa dernière production destinée au marché sénégalais (Del tew-1998), exprime des doléances fortes destinées aux pouvoirs publics. Dès lors, la question mérite donc d'être posée de savoir si le développement d'un tel discours par Youssou Ndour aurait seulement pu être envisagé si auparavant le rap n'était pas passé par là ... A notre avis en tout cas, les deux phénomènes sont intimement liés.
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# Posté le mardi 09 août 2005 09:18

SeneRap: les collaborations avec des mc's etrangers

SeneRap: les collaborations avec des mc's etrangers
Le hip hop, c'est bien connu, est une grande famille mondiale. C'est sans doute cet esprit de famille qui a facilité (et qui continue de faciliter) les collaborations internationales entre MC's des quatre coins du monde. C'est ce qui explique depuis quelques années maintenant, des rappeurs venus d'Amérique, d'Europe et d'Afrique n'aient pas hésité à confronter leurs rimes avec celles leurs homologues sénégalais, affirmant du même coup une appartenance à une culture commune, celle qui fait du hip hop un des phénomènes musicaux majeurs de cette fin du siècle.

Commençons par les Américains (A tout seigneur, tout honneur !) : ont ainsi participé à l'album NewYork-Paris-Dakar -(1997) de PBS de nombreux américains, dont KRS-ONE (sans doute un des rappeurs les plus actifs depuis l'émergence du hip hop sur la scène US puis internationale), Supernatural (le roi du freestyle, bien connu par tous ceux qui s'intéressent de près au hip hop), la soul-woman Vinia Mojica (qui a par ailleurs activement participé aux deux albums du groupe français Alliance Ethnic), et Djinji Brown (MC de l'underground new-yorkais). Quant à Biddew bou bès, ils ont bénéficié de la participation de Wyclef (from the fu'gees), sur un titre de leur album. Une autre participation, certes moins prestigieuse, est à mettre à l'actif de MC Lida, lequel a bénéficié de la collaboration de Roadney Jackson (plus connu sous le nom de Turbo, qui était le sien lors du film «Break street 1984, un des premiers films sur la culture hip hop).

La Jamaïque n'est elle aussi pas en reste, Patra ayant participé au dernier album de Daara J (Xalima ). La rencontre a eu lieu à Dakar, lors d'un festival reggae, auquel participaient Patra et Daara J. Ce fut paraît-il un coup de foudre réciproque, et c'est bien naturellement que la décision fut prise d'aller faire un tour en studio pour immortaliser la rencontre. Il paraîtrait même, du fait du départ de Patra qui devenait imminent (le lendemain matin), que les prises de voix aient été faites sans riddim... Et c'est seulement quelques mois après, lors de la préparation de Xalima , que les bandes ont été exhumées, pour le résultat que l'on sait (titre Come on get'it ).

Avec les rappeurs français, les collaborations ont été par contre beaucoup plus nombreuses. La toute première remonte à 1995, avec la participation de MC Solaar à l'album Salaam de PBS. Entre MC Solaar et le PBS, c'était d'ailleurs l'aboutissement d'une longue relation amicale, d'autant plus que le premier avait beaucoup apporté son soutien aux seconds. La première rencontre avait ici aussi eu lieu à Dakar, lors d'un concert du rappeur français dont la première partie était justement assurée par Didier Awady et Doug E Tee. Nous étions en 1992, et MC Solaar dira lui même qu'il avait été rarement été autant impressionné que par la prestation scénique de PBS ce jour là. C'est ainsi que les MC's dakarois furent invités à assurer la première partie de la tournée européenne de MC Solaar, et c'est de cette façon que commença la saga PBS à l'étranger. Par la suite, c'est K-Mel (d'Alliance Ethnic), Manu Key (Different Teep) et Démocrate D qui allaient être mis à contribution lors de l'album New York-Paris-Dakar . La dernière collaboration enregistrée par le PBS remonte à 1998 (album Wakh feign ), avec la participation de Ben J (des Neg'Marrons, et qui est aussi membre du collectif Bisso na bisso).

Le même Ben J que l'on retrouvera la même année dans l'album de Daara J (Xalima ), mais cette fois ci avec son groupe des Neg'Marrons au complet (soit donc avec Jackie et Djamatik). Quant à Faada Freddy de Daara J, il apparaît deux fois cette année avec le groupe de La Brigade. D'abord dans l'album de ce dernier crew (titre La Yerpri ), puis dans un single inédit (avec également le concours de Pierpoljak), en fait une reprise du tube d'Alpha Blondy Opération coup de poing . Dans plusieurs de leurs interviews, les membres de La Brigade ne cessent de tarir d'éloges sur Faada Freddy, annonçant même de futures autres collaborations.

Quant aux autres collaborations avec des rappeurs français, elles sont à mettre à l'actif de P. Froiss avec Siaka du groupe Positif (album Affair bou graw -1997), Section K'd'As (1999) avec Nakk Mendoza (du groupe Soldafada) et Akamieda, et enfin Kanthiolis, groupe bien connu de l'underground dakarois, qui a participé à la mix-tape d'un des plus sûrs espoirs du rap français, Oxmo Puccimo («Batiment B -1999).

Ce qui paraîtra étrange par contre, c'est la faiblesse des collaborations entre les rappeurs sénégalais et leurs homologues des autres pays africains. Ici encore, PBS apparaîtra comme un pionnier, ayant été à l'origine du seul exemple connu : en effet, est établi un axe Dakar-Abidjan sur le titre Intégration (album NewYork-Paris-Dakar -1997) avec la présence de RAS et Angelo, véritables piliers du rap ivoirien. Une collaboration a également été annoncée entre PBS et Prophet of da City (Afrique du sud) depuis plus d'un an, mais à ce jour, le résultat ne nous est pas encore parvenu. La raison pour laquelle les collaborations rapologiques restent faibles entre les MC's sénégalais et ceux des autres pays africains est certainement à chercher dans le fait que la diffusion de la musique, fut-elle celle du hip hop, est un phénomène essentiellement économique. Même si Positive Black Soul s'est offert plusieurs tournées africaines, il n'en demeure pas moins exact que les échanges musicaux restent faibles en Afrique, et sans doute est-ce cela qui justifie la faiblesse des collaborations musicales entre MC's africains. On peut également rappeler que bien des featuring naissent d'abord de rencontres sur scènes ou backstage , et peut être donc que ce qui fait ici défaut, ce sont les lieux de rencontres. On peut donc prévoir que le jour où de tels lieux de rencontre seront multipliés (festivals, tournées, etc.), cela se ressentira en terme de collaborations artistiques et discographiques beaucoup plus importantes qu'elles ne le sont aujourd'hui.

Pour finir, on peut signaler la participation de PBS à l'album Fo Deuk (1998) du grand jazzmen américain David Murray. Certes il ne s'agit pas à proprement parler d'un disque de rap, mais cela n'enlève rien à la qualité de cette collaboration. En fait, l'album est une sorte de jam session, réalisée à Dakar, avec la participation de musiciens locaux dont Doudou Ndiaye Rose, Tidjane Gueye et son groupe (le dieuf dieul ), Hamet Maal (frère de Baaba Maal).

# Posté le mardi 09 août 2005 09:16

SeneRap: les producteurs etrangers

SeneRap: les producteurs etrangers
La qualité du hip hop sénégalais peut sans doute se mesurer à l'aune de ses collaborations avec des producteurs étrangers. On peut en effet remarquer que depuis quelques années maintenant, ces producteurs étrangers (et pas des moindres !) interviennent de plus en plus au sein de la scéne dakaroise.



Les toutes premiéres collaborations avec des producteurs étrangers sont à l'actif de PBS, lors de leur premier album international Salaam (1995). Avaient en effet participé à cet album Longsy D (producteur du bluesman américain Ronny Jordan), le groupe londonien de trip hop & acid jazz Raw Stylus, et Boom Bass (producteur du rappeur français MC Solaar). Les deux MC's du PBS (Doug E Tee et Didier Awady) avaient à l'époque expliqué le choix de leurs producteurs par leur désir de réaliser un album éclectique. Quant aux albums qui allaient suivre, même s'ils ne connurent pas une grande diffusion internationale au même titre que Salaam, ils donnérent eux aussi lieu à des collaborations internationales. Tout d'abord Daw thiow qui enregistra la participation du producteur marseillais Mounir (du collectif Uptown, qui a à son actif quelques sons du groupe français Prodige Narmor). Ensuite et surtout l'album New York-Paris-Dakar qui fit appel encore à Mounir, mais aussi à Cut Killer et DJ Abdel (les deux membres fondateurs du Double H, collectif numéro 1 de DJ's français), ainsi que Scott Harding. Ce dernier, a à son actif un carnet de collaborations assez fourni, lui qui a notamment participé aux albums du Wu Tang Clan et de Gravediggaz entre autres. Et pour PBS, il s'est occupé des sessions d'enregistrement et du mixage (faut-il le rappeller , l'album New York-Paris-Dakar a été réalisé pour l'essentiel aux studios Greene Street, temple du hip hop new-yorkais et mondial).

Second dans l'importance de leurs collaborations avec des producteurs étrangers, le trio Daara J. Leur premier album international (en fait la réédition de leur toute premiére K7) avait notamment bénéficié du concours du grand DJ anglais (d'origine jamaïcaine) Mad Professor (producteur de Macka B, Aswad, etc.). De nouvelles prises de voix avaient ainsi été effectuées à Londres, dans le fameux studio Ariwa que dirige Mad Professor, et c'est ce dernier qui s'était occupé aussi du mixage de l'album. Quant au second album de Daara J (Xalima-1998), il a bénéficié du concours de deux jeunes producteurs étrangers, certes pas trés connu sur la scéne mondiale, mais quand même talentueux : le français J.M. Vespassien (du collectif Ghetto Youth Progress qui a à son actif de nombreuses productions en France) et l'anglo-Jamaicain Derek D. Fevrier.

Autres crews à avoir bénéficié du concours de producteurs étrangers : Bideew bou bés (produit par Youssou Ndour à travers son label Jololi) dont l'album a été entiérement réalisé par un jeune producteur américain Andy Shafte, Section K'd'as dont un titre a été produit par Sulee B.Wax (producteur français qui a à son actif NTM, Ste, Mafia Underground, NAP, etc.). On peut enfin citer MC Lida, dont les deux albums ont bénéficiés de la participation de producteurs Italiens (Steve Monroe, Cesaro et Tano pour le premier album, Chiesara et Giani Vitale pour le second).

Ces collaborations avec des producteurs étrangers, que doit-on en penser ? La question mérite réflexion, car tout n'est finalement pas si facile. D'abord, c'est une concurrence déloyale que subissent les producteurs locaux, du fait des différences entre les moyens entre les uns et les autres. Le risque est grand dans ces conditions de voir alors les producteurs locaux confinés à des productions destinées exclusivement au marché sénégalais, contraints ainsi à préparer le terrain (premiers albums des groupes locaux, pré-productions pour les albums internationaux, etc.). pour les producteurs étrangers. Or le hip hop est une vaste culture à laquelle font d'ailleurs partie les producteurs musicaux. De la même maniére que les MC's sénégalais se font connaître au-delà de leurs frontiéres, les producteurs locaux doivent avoir l'occasion eux aussi de s'exporter. Or si les rappeurs sénégalais ne font pas appel à eux pour les albums destinés aux marchés internationaux, comment arriveront-ils à s'exporter ? Par ailleurs, on entend souvent dire (notamment dans la presse spécialisée) que les albums produits localement présentent parfois des sonorités plus intéressantes que ceux réalisées à l'extérieur, sans doute parce que plus imprégnés des influences locales et de l'environnement musical sénégalais (cette fameuse touche sénégalaise !).

Un bel exemple de collaboration peut néanmoins être trouvé à travers Xalima de Daara J : même s'il a été réalisé par des producteurs étrangers, il a été néanmoins entiérement conçu à Dakar, des premiéres prises de voix au mixage final, en passant par la conception musicale (à laquelle ont d'ailleurs participé de nombreux musiciens locaux). Tout cela explique sans doute pourquoi l'alchimie entre sonorités hip hop et influences musicales africaines est si bien réussi dans Xalima.
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# Posté le mardi 09 août 2005 09:13

SeneRap: les producteurs locaux

SeneRap: les producteurs locaux
Autres nouveaux producteurs sur la scéne hip hop dakaroise : Alain Dione qui a produit l'album de Soul Bi (Tann ci ben-1998), Sady Dioum avec Tim timol (Diarama-1999) et qui auparavant avait collaboré à plusieurs reprises aux productions de tonton mac, Ablaye Diagne qui a produit la totalité des titres de Jef Wareef (Euleuk dou wees-1999), Lamine Faye (à ne pas confondre avec un autre Lamine Faye, leader celui là du groupe de mbalax Lemzo diamono) qui a produit un titre dans le dernier P. Froiss (Ah sim-1999).

De nombreux autres musiciens connus, sans pour autant aller jusqu'à produire des albums hip hop, auront collaboré avec des MC's de la place. On peut ainsi citer le bassiste-claviste-arrangeur de Youssou Ndour, Habib Faye qui fut à l'origine de la musique de ce qui est aujourd'hui considéré comme le premier titre rap sénégalais en 1988 avec Sama yaye de Mbacké Dioum. Le même Habib Faye a ensuite collaboré avec P. Froiss (album Affair bou graw-1997), et enfin avec Daara J (album Xalima-1998). Un autre musicien de Youssou Ndour peut être ici cité, à savoir le percussionniste Babacar Faye, qu'on retrouve sur différents albums de PBS, Daara J, P. Froiss. Le grand tambour-major mondialement connu Doudou Ndiaye Rose est quant à lui présent sur un titre de Da Brains (1998). Idem pour Lamine Faye (du Lemzo diamono ), mais avec Black Mbolo (1998) cette fois ci. Quant à Laye Kane, guitariste de Pape Niang, il aura participé à tous les trois albums de P. Froiss.

La liste, loin de s'arrêter là, pourrait être poursuivie. Et tout ce qu'il faudrait en déduire, c'est peut être qu'ici réside le secret qui explique le succés du hip hop sénégalais : certes des MC's de qualité, mais aussi des musiciens et des producteurs efficaces. Du reste, ce savoir-faire commence-t-il à s'exporter, puisque par exemple tonton mac (encore lui !) aura produit deux crews de la sous-région : Kill Point de la Guinée, et Da Fugitivz de la Gambie. La saga ne ferait-elle que commencer ?
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# Posté le mardi 09 août 2005 09:11